
À l’Hôtel de la Marine, la Collection Al Thani dévoile un ensemble exceptionnel de joyaux historiques, témoins silencieux des grandes dynasties européennes et de l’évolution du bijou comme signe de pouvoir, de prestige et d’intimité.
Hotel de la Marine
Du 10 décembre 2025 au 6 avril 2026, l’Hôtel de la Marine à Paris accueille Joyaux dynastiques, troisième volet d’une trilogie d’expositions organisée par la Collection Al Thani en collaboration avec le Victoria and Albert Museum. Après les arts du Moyen Âge et de la Renaissance, cette nouvelle exposition rassemble des joyaux rares et historiques d’une importance majeure, dont beaucoup sont présentés pour la première fois en France. À travers diadèmes, broches, colliers d’apparat et pierres de légende, l’exposition retrace l’histoire du bijou comme expression de pouvoir, de statut et de transmission. Portés par des figures emblématiques telles que Catherine II de Russie, l’impératrice Joséphine, Marie-Louise d’Autriche ou la reine Victoria, ces joyaux racontent autant les codes fastueux des cours européennes que des histoires plus intimes, faites d’alliances, de cadeaux et de liens dynastiques. Les pièces présentées proviennent de prêts exceptionnels accordés par des institutions prestigieuses, parmi lesquelles la Royal Collection, les Historic Royal Palaces, les châteaux de Fontainebleau et de Compiègne, ainsi que les collections patrimoniales de grandes maisons de joaillerie telles que Cartier, Chaumet, Mellerio et Van Cleef & Arpels. Placée sous le commissariat du Dr Emma Edwards, project curator au Victoria and Albert Museum, Joyaux dynastiques propose une lecture raffinée de l’histoire du bijou, à la croisée de l’art, de la politique et de l’héritage familial, dans le cadre solennel et chargé d’histoire de l’Hôtel de la Marine.
Broche rose de la
princesse
Mathilde
Cousine de Napoléon III et figure incontournable du Second Empire, la princesse Mathilde Bonaparte fut célèbre tant pour sa grande beauté que pour l’influence de son salon parisien, situé rue de Courcelles. Artistes, écrivains et représentants des grandes familles royales s’y côtoyaient, faisant de ce lieu un centre majeur de la vie intellectuelle et mondaine du XIXe siècle. Conçue vers 1864 par le joaillier parisien Mellerio dits Meller, cette broche en diamants, figurant une rose épanouie, témoigne du raffinement extrême de la collection personnelle de la princesse. Par la virtuosité de son exécution et la richesse de son dessin, elle s’inscrit parmi les pièces les plus remarquables de la joaillerie française du XIXe siècle. La composition naturaliste, d’un réalisme saisissant, met en valeur la maîtrise technique des sertissages et la qualité exceptionnelle des diamants. À la fois bijou d’apparat et œuvre d’art, cette broche illustre le rôle du bijou comme prolongement de l’identité et du statut social, dans une époque où l’élégance se conjuguait à l’affirmation du pouvoir et du goût. Parvenue jusqu’à nous dans un état remarquable, cette rose de diamants demeure l’un des témoignages les plus éloquents du savoir-faire historique de la Maison Mellerio et de l’excellence de la joaillerie parisienne.
Collier de rubis
de Nawanagar - Cartier
Commandé en 1937 par le maharajah Digvijaysinhji de Nawanagar à l’occasion de son séjour à Londres pour le couronnement de George VI, ce collier spectaculaire incarne l’une des collaborations les plus emblématiques entre la Maison Cartier et les souverains indiens du XXe siècle. Jacques Cartier entretenait depuis plusieurs années une relation étroite avec Ranjitsinhji, maharajah de Nawanagar, contribuant à enrichir son trésor de pierres précieuses jusqu’à sa disparition en 1933. Son héritier, Digvijaysinhji, prolonge cette tradition en commandant ce collier d’apparat, conçu comme une synthèse entre héritage indien et modernité occidentale. Inspiré du torque indien traditionnel, le bijou associe les codes des joailleries moghole et rajput à l’esthétique géométrique de l’Art déco européen. Sa monture en platine, d’une grande modernité pour l’époque, met en valeur l’équilibre et la puissance visuelle de l’ensemble. Les rubis, issus du trésor de Nawanagar, dialoguent avec des diamants fournis par Cartier, dans une composition à la fois monumentale et parfaitement maîtrisée. Véritable manifeste stylistique, ce collier illustre l’âge d’or des grandes commandes princières adressées aux maisons de haute joaillerie européennes, à un moment charnière où les influences culturelles se croisent et se réinventent.



